Petit précis de l’industrie 4.0

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Petit précis de l’industrie 4.0

Le but de cet article est de convaincre les 90% d’industriels qui croient en le potentiel de l’industrie 4.0 de rejoindre les 20% qui ont commencé à s’y mettre en nommant au moins une personne sur le sujet (1). Et les 10% qui n’y croient pas aussi.

Pourquoi s’y mettre ?

Bien que la réponse à cette question peut paraître évidente pour beaucoup, quelques points méritent bien un rappel.

Tout d’abord même si le lean manufacturing reste la base, cette méthodologie atteint ses limites (2). Pensée dans les années 50, elle vous permet de réduire les délais, la non-qualité, la non-valeur ajoutée, etc. Cependant le lean manufacturing vous permet uniquement d’agir sur votre organisation pour la rendre la plus efficiente possible. Or l’industrie 4.0 invite à aller au-delà avec un volet technologique au spectre extrêmement large (cobotique, impression 3D, réalité virtuelle, maintenance prédictive, etc.).

Il existe une idée reçue persistante quant à l’industrie du futur, c’est que c’est… futur ! Ni vos concurrents ni vos partenaires n’y seraient prêts(1). Pourtant si vous vous intéressez au sujet vous êtes au courant que l’Inde mise déjà beaucoup sur ces technologies (3)(4). Et si la concurrence indienne ne vous fait pas peur, sachez que même votre producteur de carottes bios s’y est mis (5) ! Même sans chercher beaucoup, il y a une littérature abondante sur les industriels autour de chez vous qui mettent en place des briques de l’industrie 4.0 (6)(15). Toutes ces technologies sont matures et ont fait leur preuves en terme de fiabilité, durabilité et ROI. l’industrie 4.0 n’est pas un saut dans l’inconnu !

Ensuite aujourd’hui il y a peu de chance que vous soyez le premier de votre écosystème à vous y mettre et mieux vaut pour vous que vous ne soyez pas le dernier. En effet la question se pose en ces termes : “vais-je déployer dès cette année des solutions digitales et en tirer un avantage vis-à-vis de mes concurrents ou attendre quelques années d’y être contraint pour rattraper mon retard ?”.

Convaincu ? Quels sont les obstacles à prendre en compte ? La conduite du changement est elle nécessaire ?

La conduite du changement est le plus gros challenge et un point à ne pas négliger(7). Il ne s’agit pas simplement de faire accepter le changement à vos équipes, il s’agit aussi et surtout qu’elles soient les principales actrices du changement. Il faut sortir d’une vision top-down où les experts imposent leurs solutions, il faut que tous les moyens mis en oeuvre répondent à des problèmes rencontrés par vos équipes. Les experts se mettent au service du terrain et non l’inverse. On ne pose pas un cataplasme sur une jambe de bois pour le plaisir d’utiliser ses connaissances en médecine !

De plus la conduite du changement, c’est aussi la formation de votre personnel et la recherche de personnel qualifié. Il existe aujourd’hui des formations pour l’industrie 4.0(8), ou vous pouvez passer par des prestataires experts sur le sujet(9).

Un autre point critique est la sécurité informatique (10). En effet la digitalisation et l’arrivée des dernières technologies impliquent une explosion de la quantité de données informatiques générées. Vous ne devenez pas plus vulnérable à une attaque informatique mais ses effets deviennent encore plus dommageable qu’aujourd’hui. Sachez qu’il existe des bonne pratiques qui permettent une nette augmentation de la sécurité(11). Cela ne suffit pas mais en informatique la première faille de sécurité est l’utilisateur et le soucis se trouve souvent entre la chaise et le clavier (12). Il est plus facile de tromper quelqu’un qui a le code que de cracker ce code. Cependant, doper votre service informatique avec un expert en cybersécurité risque de ne pas être superflu.

Par quel bout prendre la démarche ?

La première étape pour conduire le changement

Vous ne sautez pas dans l’inconnu ! Encore une fois les technologies de l’industrie du futur sont rodées et vous n’aurez pas besoin de jouer l’apprenti sorcier.

La première étape, qu’il ne faut surtout pas sauter, c’est le lean manufacturing. Il s’agit de ne pas mettre du digital à toutes les sauces, de numériser de mauvaises fiches d’instruction papier pour en faire de mauvaises fiches d’instruction en PDF sur tablette et de figer de mauvaises pratiques dans le marbre de l’informatique. Le lean manufacturing reste la base et l’on n’y coupera pas (12bis). La digitalisation des process viendra ensuite.

Une fois que vous aurez gagné les 1% à 2% de productivité que vous permet le lean manufacturing(19), vous pourrez aller chercher les 10% à 15% de réduction de coûts qu’offre l’industrie du futur(1).

La seconde étape pour conduire le changement

La seconde étape est donc d’analyser votre chaîne de valeur. Il s’agit de repenser ce qu’est la valeur ajoutée de votre personnel. Quelles tâches pourraient être automatisées ou améliorées ? Les cobots par exemple, permettent d’automatiser des tâches répétitives ou pénibles tout en travaillant immédiatement à côté de votre personnel (14). Ainsi votre personnel se concentre sur les tâches à forte valeur ajoutée, l’assemblage par exemple, tandis que vous laissez à un cobot les tâches répétitives : le serrage au couple et le contrôle qualité.

Ce volet technologique regorge également de solutions pour “connecter” l’opérateur (15). Transformer des gammes méthode papier en gamme méthodes pdf sur tablette n’a que peu d’intérêt. La vraie valeur ajoutée est de permettre à l’utilisateur de signaler un problème d’exécution en précisant exactement l’étape de la gamme où le problème a été rencontré et d’y adjoindre une photo par exemple. Le problème étant plus rapidement et mieux identifié, sa résolution est d’autant plus efficace et rapide.

La littérature est abondante sur ce sujet mais il faut retenir que tout doit remonter d’une analyse des points durs sur le terrain.

La troisième étape pour conduire le changement

La dernière étape consiste à exploiter toutes les données que produit votre usine. Celles de votre système qualité, celles de votre supply chain, celles de votre ERP, celles de vos machines. Récupérer et étudier ces données vous permet de mieux comprendre et organiser votre usine. Avec des mécanismes de machine learning, vous pouvez optimiser votre production, faire de la maintenance prédictive (6). C’est dans l’exploitation de ce gisement de données que le véritable potentiel de l’industrie 4.0 se dévoile (16)(17).

Au fond, ce n’est que de la technologie ?

Au-delà de ces sursauts pour améliorer votre production actuelle, l’industrie 4.0 nous invite à changer de paradigme pour proposer de nouveaux services. Il ne s’agit plus seulement de vendre une machine, mais de vendre une machine que l’on peut opérer, régler, dépanner à distance. Une machine connectée avec toutes ses semblables et dont on peut prévoir les défaillances et les corriger avant qu’elles n’arrivent. Une production de masse mais cependant customisée pour chaque client individuellement(18).

L’industrie 4.0 ne nous invite pas seulement à interroger notre manière de produire, mais aussi ce que nous produisons et le service que nous offrons à nos clients. La marche est haute, certes, mais comme exposé ici les retours sont à la hauteur et Baldwin Partners est là pour vous accompagner du début à la fin.

[email protected]  +33 (0) 2 85 52 68 39 

Rédigé par Pierre Yves MICHAU Consultant Senior Baldwin Partners (Ecole Centrale)

Sources :

(1) http://www.ey.com/Publication/vwLUAssets/ey-resultats-enquete-industrie-du-futur/$FILE/ey-resultats-enquete-industrie-du-futur.pdf

(2) http://isidl.com/wp-content/uploads/2017/12/8262-English-ISIDL.pdf

(3) https://lindustrie40.fr/la-province-indienne-sequipe-en-cobot/

(4) http://www.makeinindia.com/article/-/v/towards-smart-factories-manufacturing-startups

https://www.usinenouvelle.com/editorial/bpifrance-entame-son-virage-vers-la-deep-tech.N784659

(5) https://www.usine-digitale.fr/article/auchan-retail-se-met-a-la-blockchain.N776294

(6) https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-bob-assistant-le-capteur-de-maintenance-predictive-booste-a-l-edge-computing-71873.html

(7) http://www.baldwin-partners.com/industrie-du-futur/la-conduite-du-changement-dans-l-industrie-4-0

(8) https://artsetmetiers.fr/sites/site_internet/files/2018-04/Fiche-Accompagnement%20du%20changement-FactoryLab%20VF%20110318.pdf

(9) http://www.baldwin-partners.com/

(10) https://www.industrie-techno.com/article/cybersecurite-industrielle-4-points-sensibles-a-renforcer.51457

(11) https://www.ssi.gouv.fr/guide/la-cybersecurite-des-systemes-industriels/

(12) https://pebkac2.fr/

(12bis) https://www.institut-lean-france.fr/lean-4-0-ou-digital/

(14) https://youtu.be/67sZlQ-lfyo?t=334

(15) https://youtu.be/pxkY2pdkyY4?t=415

(16) https://www.ebg.net/publications/pdf/100004.pdf

(17) https://www.usinenouvelle.com/article/publi-dossier-l-industrie-4-0-au-service-de-l-excellence-operationnelle.N769864

(18) https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/030435127698-personnalisation-de-masse-2102602.php

(19) chiffres issus de l’industrie automobile

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